LES FETES ENFANTINES
Au Maroc, il y avait des occasions multiples de fêter les enfants. Aujourd’hui on aurait tendance à tout fêter, les anciennes et les nouvelles réjouissances…. ce qui est heureux.
Si l’on considère le déroulement de l’enfance des petits garçons et des petites filles, on retrouve une multitude d’occasion de les fêter et de leur apprendre ainsi le sens de la fête et de la nécessité. Voiçi quelques exemples de fêtes que l’on fête encore aujourd’hui.
EL GALASS (LA FETE DU SIEGE)
La petite fille est née. Elle a en quelques mois appris à sourire, puis s’asseoir. On fera à cette occasion la fête : el-galass, en réunissant un nombre plus ou moins important d’amies pour ces après midi de dames au cours desquels les chants et la musique étaient de mise.

L’enfant est mis sur une sorte de petit trône en bois sculpté depuis qu’il sait s’asseoir, petite chaise qui ira d’un enfant à l’autre.
TAHRASS EL KASS (Fête du verre cassé)
Un jour l’enfant de plus en plus agile et remuant a cassé pour la première fois un verre ou un quelconque ustensile ; c’est l’occasion de fêter tahrass elkass, réunion de femmes autour de rire et d’élégance. La signification de l’évènement est claire et sans ambiguïté. L’enfant n’est plus statique et tout petit. Il bouge, occupe l’espace, nécessite une surveillance qu’il est arrivé à tromper en cassant le verre. Il a donc grandi déjà.
Si l’on additionne toutes les occasions où l’on fêtait les enfants, on se rend compte qu’elles étaient très nombreuses : les mères étaient profondément contentes de cette série d’évènements qui leur manifestent que leur enfant était bien vivant à une époque où ils en mouraient tellement en bas âge, dans les deux premières années d’existence.
LES ANNIVERSAIRES D’ENFANTS
Les anniversaires d’enfants sont de nouvelles manifestations liées à la précision moderne.
Il n’y a pas encore si longtemps de cela, les femmes n’avaient jamais pensé commémorer la naissance de leurs enfants. Mettons que personne ne se préoccupait des dates exactes, de la certitude de l’âge, des termes et des échéances.
Et cette vision et ce vécu du temps étaient certainement beaucoup plus doux que ce cisaillement par les dates et les évènements personnels et sociaux.
Un tas d’enfants sont invités et ils sont endimanchés comme leurs mamans, ballons, cellophanes, petits cadeaux pour tous, bonbons, sucreries, chocolat par monceaux, offrandes au héros ou à l’héroïne de la fête, Mickey, Donald en quantité. Les anniversaires d’enfants restent une fête citadine, elle est l’inspiration moderne mais les occidentaux eux même ne fêtent l’anniversaire de leurs enfants que depuis le vingtième siècle, siècle de l’enfance et de l’avènement de la jeunesse qui a transformé considérablement la vie des enfants de par le monde.
LE PREMIER JEUNE- TQIB EL OUIDNINE
Puis la petite fille a marché, elle parle, s’occupe de ses mariées…Elle atteint un âge où la coquetterie peut déjà lui faire réclamer des boucles d’oreilles…Il était d’usage de percer les lobes des oreilles de fillettes pour les parer et généralement c’était encore le motif de réception et de liesse.
Cette fête était souvent importante par le nombre des invitées, la richesse de l’accueil, la perfection des préparations. Cette coutume est extrêmement charmante car elle affirmait le personnage de la petite fille qui devenait ainsi grande et digne de porter les bijoux des jeunes filles et des femmes. Selon la fortune de son père, elle avait déjà eu droit à des bracelets et à ce merveilleux bijou qu’était le kholkhal ou anneau de cheville.
La fête se prolongeait, un peu avant, dans la soirée autour des femmes habillées, parées, fardées qui avaient bu et mangé, parlé et chanté et fait d’elles-mêmes leur propre musique et rythmes. Il était en effet de mise que dans les maisons convenables on ne fasse jamais entrer de musiciens ou de musiciennes.
Par contre toutes les maisons possédaient les taarijates, derboukas, et autres bendirs et dehdouh pour faire une musique très caractéristiques, très rythmée, rapide et syncopée, allant crescendo jusqu’à l’assourdissement.
La vie de la petite fille est dons ainsi : on l’a accueillie à sa naissance. On a festoyé quand elle a commencé à s’asseoir, quand elle a cassé le verre.